Record perso’ Jérome Hervé

S’adapter à un environnement agressif et difficile

L’histoire de cette capture montre la nécessité de s’adapter aux conditions spécifiques de chaque plan d’eau. Ici, la difficulté ne réside pas dans la pression de pêche qui est relativement faible puisque les résultats sont souvent très aléatoires. Le cheptel de poissons est assez réduit avec une majorité de carpe qui dépasse les 10 kilos. Il n’y a pas d’alevinage régulier pour apporter de nouveaux sujets qui se laisseraient capturer plus facilement. Cette eau publique est peu à peu délaissée des carpistes car les contrôles sont très fréquents et la pêche de nuit interdite. De plus, la configuration des fonds est telle qu’il faut passer des jours à sonder à la canne puisque les embarcations sont interdites. Cette ancienne carrière comporte beaucoup d’obstacles tels que de gros blocs rocheux et divers branches immergées. Autant dire que ceux qui tendent au petit bonheur la chance n’entendent que très rarement leurs détecteurs sonner.

Avant de pécher cet endroit, j’ai donc passé une dizaine de jours l’hiver dernier à sonder pour obtenir une cartographie assez complète des lieux mêmes si certains hauts-fonds m’ont certainement échappé. J’ai également monté mes lignes en fonction des pièges aquatiques. Par conséquent, je me suis orienté vers du Tiger line en 37/100 avec une tête de ligne armure leader en 60/100. Côté bas de ligne, j’ai opté pour du Combilink en 35/100 et des hameçons River n°2.

Ma stratégie d’amorçage a été simple. Ne connaissant pas les habitudes des poissons, j’ai préféré commencer par une pêche en spots avec une vingtaine de bouillettes Fruit Bomb (mix winterwinner) 20 mm accompagnées de quelques pellets Bétaine en 22 mm. Etant donné que les brèmes et les carassins sont très nombreux, j’ai laissé à la maison les petites particules qui auraient attiré trop d’indésirables.

Après quelques sorties, j’ai pu redéfinir la stratégie. En effet, je me suis aperçu que les poissons se nourrissaient plutôt le soir, juste avant la tomber de la nuit. De plus, pour avoir tenté d’amorcer plus lourdement, je n’ai pas noté de résultats positifs significatifs. Par conséquent, j’ai préféré multiplier les coups du soir au lieu de passer des journées entières sur ses berges même si ce plan d’eau se situe à 70 km de mon domicile. Je me suis concentré sur les hots spots qui donnaient le mieux c’est-à-dire 2 plateaux caillouteux et une poche de vase. Ma quatrième canne servait toujours à explorer un endroit qui me semblait prometteur.

Un soir, je suis arrivé vers 17 h 00. Une heure après, mes cannes étaient placées, il ne restait plus qu’à attendre. En ce début de printemps, la nuit tombe vers 21 h 30. À 20 h 00, j’ai eu mon premier départ sur la poche de vase. Comme souvent sur ce spot, c’est un petit poisson, une commune de 9 kilos, qui a chipé la bouillette. Après avoir remis le poisson à l’eau et replacé le montage, j’espérais que ce ne serait pas le seul poisson de la soirée. Vers 21 h 15, quelques bips m’ont alerté sur la canne de droite, celle qui est placée sur le tombant d’un haut-fond. À peine 10 minutes plus tard, mon delkim s’est emballé. Au ferrage, j’ai senti une masse lourde qui se déplaçait sur ma gauche. Après avoir évité des branches surplombant l’eau, le poisson s’est laissé amener jusqu’à une vingtaine de mètres du bord. À partir de là, il a commencé à sonder. La bagarre a duré près de 20 minutes. N’ayant pas ma frontale, j’ai pu la mettre à l’épuisette grâce à la lune qui éclairait l’entrée de l’épuisette. Ce n’est qu’une fois sur le tapis de réception que je me suis aperçu du poids, et surtout de l’épaisseur de ce poisson. L’un de mes objectifs de la saison, c’est-à-dire capturé un gros poisson sur cette eau particulièrement difficile, était atteint. Toutefois, ce n’est sans doute pas le seul. Je pense donc y retourner pendant l’été.

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